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Anza : un quartier magnifique qui étouffe sous la pollution et l’incivisme

par JAWAD HAKKAR

Anza possède quelque chose de précieux : l’océan, une longue plage, une identité populaire forte et un potentiel touristique considérable. Pourtant, lorsqu’on se promène dans certains secteurs du quartier, un constat s’impose : Anza souffre de plusieurs formes de pollution qui dégradent profondément son image et la qualité de vie de ses habitants.

Il y a d’abord la pollution visuelle. Déchets abandonnés, sacs en plastique, emballages, bouteilles, gravats et espaces dégradés donnent parfois l’impression que certains endroits sont laissés à l’abandon. Le problème ne vient pas seulement du nettoyage. Il vient aussi de certains comportements : on mange sur place, on profite de la plage ou d’un espace public, puis on laisse derrière soi assiettes, bouteilles, restes de nourriture et emballages.

C’est une question d’incivisme.

Un espace public appartient à tout le monde. Le dégrader, c’est dégrader son propre quartier.

Il y a ensuite la pollution des odeurs. À certains moments, des odeurs désagréables provenant des activités environnantes peuvent être ressenties dans le quartier. Pour les habitants comme pour les visiteurs, cela nuit fortement à l’image d’Anza. Il est indispensable que les autorités compétentes contrôlent régulièrement les sources possibles de ces nuisances, notamment les activités industrielles situées aux alentours, et rendent publiques les conclusions de ces contrôles.

Mais le problème le plus préoccupant reste probablement la pollution de la mer et du littoral.

La mer devrait être la plus grande richesse d’Anza. C’est elle qui attire les promeneurs, les familles, les surfeurs et les visiteurs. Pourtant, voir des déchets sur la plage ou dans l’eau est incompréhensible pour un quartier qui pourrait devenir l’un des endroits les plus agréables du Grand Agadir.

Nous ne pouvons pas vouloir développer le tourisme tout en acceptant un littoral sale.

Nous ne pouvons pas vouloir attirer des visiteurs tout en tolérant les mauvaises odeurs, les dépôts sauvages et les espaces publics dégradés.

Et nous ne pouvons pas tout mettre sur le dos des autorités.

La responsabilité est collective.

Les communes et les services publics doivent assurer le nettoyage, installer suffisamment de poubelles, contrôler les rejets et les nuisances industrielles, sanctionner les dépôts sauvages et entretenir les espaces publics.

Les entreprises doivent, elles aussi, respecter strictement les normes environnementales et comprendre qu’elles ont une responsabilité envers les populations qui vivent autour de leurs installations.

Mais les habitants et les visiteurs ont également une responsabilité très simple : ne rien laisser derrière eux.

Quand on vient avec un sac rempli de nourriture, il est parfaitement possible de repartir avec ce même sac rempli de ses déchets.

Ce n’est ni compliqué ni coûteux.

C’est simplement du respect.

Anza mérite mieux.

Avec sa plage, sa proximité avec Agadir, son histoire et sa population, le quartier possède un potentiel énorme. Mais avant de construire davantage, d’aménager de nouvelles promenades ou de parler de développement touristique, il faut protéger ce qui existe déjà.

Nettoyer. Contrôler. Sensibiliser. Sanctionner. Et surtout, apprendre à respecter les lieux que nous partageons.

La propreté d’Anza ne doit pas être l’affaire d’une journée de nettoyage organisée devant les caméras. Elle doit devenir une exigence quotidienne.

Parce qu’Anza n’est pas une poubelle.

Anza est notre quartier, notre plage et notre mer. Et ce patrimoine, nous avons tous la responsabilité de le préserver.

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